Petits Riens accrochés !

Les Petits Riens du Groenland © ADAGP Bénédicte Klène. Résidence Artistes en Arctique 2019Voilà un mois que mes Petits Riens arctiques étaient en phase de dégivrage depuis mon retour du Groenland. Et enfin ce soir, les voilà accrochés pour leur première exposition publique – en pleine lumière – à la Maison du Livre.
Eh oui ! C’est la fête du Livre ce week end à Bécherel ! Et c’est aussi la fête du TEMPS !
Nous vous avons préparé une vingtaine de LEPORELLOS à découvrir dans leurs encadrements comme autant de petits épisodes de la résidence Artistes en Arctique à bord du Manguier, ainsi que deux carnets en fac-similés pour vous donner le plaisir de les feuilleter …
Merci à Claire pour son aide précieuse : nous serons tous prêts pour accueillir le public samedi 20 avril, pile à midi pour le vernissage !

Pendant ces trois jours, ce sera le temps des expos, des rencontres, des lectures, des ateliers et des animations ! PROGRAMME

Enfin prête pour la fête du Livre !

Suite à la résidence Artistes en Arctique à bord du Manguier,
j’ai le plaisir de vous faire part de la première exposition des carnets des
PETITS RIENS DU GROENLAND
Fête du Livre
Maison du Livre de Bécherel

Vernissage samedi 20 avril à 12h

Vous pourrez enfin découvrir les dessins encore inédits, parcourir la quinzaine de Leporellos et même feuilleter deux carnets reproduits en fac-similés !

Les Petits Riens du Groenland © ADAGP Bénédicte Klène. Résidence Artistes en Arctique 2019

L’intégralité du programme est accessible ICI .

Capture d'écran 2019-04-09 08.26.06

Capture d'écran 2019-04-09 08.26.22

A cette occasion, l’association LES ATELIERS DES PETITS RIENS a reçu le soutien des Villes de Saint- Grégoire et Rennes, Rennes Métropole et de l’Institut français.

LOGOS.jpg

Carnets du Groenland

Et voilà ! ça y est ! les carnets des Petits Riens du Groenland, réalisés dans le cadre de la résidence Artistes en Arctique 2019, se montreront en vrai pour la première fois à la Maison du Livre à l’occasion de LA FÊTE DU LIVRE !

Les Petits Riens © ADAGP / Bénédicte Klène. Résidence Artistes en Arctique 2019

A partir du 20 Avril 2019, et comme il y aura aussi plein d’autres belles choses à découvrir, à voir et à faire, vous pouvez toujours feuilleter ICI le programme avant de vous décider !

Capture d'écran 2019-04-09 08.26.22

Capture d'écran 2019-04-09 08.26.06

Impressions post-résidence (suite & fin)

Je vous ai confié dans le précédent post que j’avais écrit un très long texte, dont j’ai publié hier la première partie. Voici maintenant le texte final, que vous avez peut-être déjà lu sur le site du Manguier.

DSC01542 copie

 Autant le dire tout de suite, je n’aurais jamais cru pouvoir un jour vivre une chose pareille et je n’en reviens toujours pas d’avoir pu le faire.

Je crois que nous étions tous très heureux d’’avoir la chance d’être là, à bord du Manguier, dans ces conditions hivernales qui , finalement, se sont avérées plus douces, mais aussi bien plus inquiétantes que prévues ( SIKU AJORPOQ ! ). Mais du début à la fin, ce bonheur ne nous a jamais quitté. Nous avons retrouvé le plaisir de s’amuser comme des enfants. Alors aujourd’hui, je reviens regaillardie, comme détentrice d’une nouvelle force incomparable, celle d’avoir vécu une expérience extra-ordinaire, tant au plan humain que artistique.

Séjourner tout un mois sur la banquise, ainsi coupée de tout, à l’autre bout du monde, m’a rendu plus sereine et plus sûre de moi. Cette aventure a mobilisé en moi des capacités d’adaptation que je n’imaginais pas détenir à ce point, heureuse de me sentir terriblement vivante, remplie d’un désir frémissant et sans cesse renouvelé de découvrir le nouvel inconnu qui s’offrait à nous chaque matin en sortant sur la coursive glacée du Manguier, en apercevant le ciel, l’horizon, la neige et la glace de la banquise, puis en retrouvant la chaleur, l’amitié et les projets foisonnants de l’équipage regroupé dans le carré.

Heureuse aussi du nouveau pouvoir que j’ai acquis, celui d’appréhender et capter un bout de la réalité arctique par le plaisir d’un dessin qui courait et s’envolait sous mes doigts avec une facilité que je ne soupçonnais pas auparavant, mû par un désir d’enfance retrouvée, un désir d’aller à la rencontre des îliens d’Akunnaaq. Peut-être mon regard sur le monde s’est-il ainsi affûté ? voir même positivé ? Plus que jamais, au-delà des barrières de nos langages inconnus les uns des autres, je suis certaine que l’art tire un trait d’union avec le monde…

Au bout du voyage, je choisis de conserver en moi quelques images lumineuses : celles des sensations de la blancheur neigeuse quand le ciel et la terre ne font qu’un, celles de la folie des aurores boréales, celles des sourires bienveillants de tous mes nouveaux amis, français et groenlandais confondus, croisés au cours de cette aventure.

A présent, je me sens prête à aborder une autre partie de ma vie. Je rentre en Bretagne le jour même de ma fête et je viens de recevoir ce matin le plus merveilleux des cadeaux, signe resplendissant d’un nouveau bonheur: la petite IRIS est née ce matin, ma première petite fille! QUSANA ! La vie est belle ! 

Bénédicte Klène, Chronicroqueuse
Résidence Artistes en Arctique / 16 . III. 2019

Résidence Artistes en Arctique 2019

Impressions post-résidence

Avant de quitter le Groenland, Philippe Hercher et Oïjha, le capitaine du Manguier et son second, ont demandé aux artistes présents à bord de préparer un petit texte qui tenterait de faire un bilan de la résidence en essayant de cerner ce qu’une telle aventure a pu nous apporter.
Nos impressions font l’objet de plusieurs articles qui paraissent ces jours-ci et que je vous invite à découvrir sur le site du Manguier.
J’avais tellement de choses à dire que j’ai fini par écrire un très long texte, que je choisis de publier ici dans son intégralité et dont voici la première partie. Mais en réalité, c’est la suite de ce texte qui compose l’article final qui est paru  le 7 avril 2019 sur le site du Manguier .
Vous pourrez aussi lire sur ses pages les impressions des autres artistes  présents avec moi au cours de la résidence Artistes en Arctique  :  Roxane Tarramorsi (impressions parues dans l’article du 8 avril 2019), Cécile Fouillade (article du 9 avril 2019), Cléa Darnaud (à paraître probablement le 10 avril 2019) et Eric Bourret ( à paraître) .

Les Petits Riens © ADAGP Bénédicte Klène / Résidence en Arctique 2019Quelle difficulté que d’écrire dans l’avion du retour une quinzaine de lignes pour résumer ce que nous venons de vivre : Vous parlez quand même d’une sacrée aventure ! celle de résider tout un mois durant à l’autre bout du monde, à plus de 3500 kilometres de chez soi , dans ce qui devait être le coeur de l’hiver Groenlandais, sur un bateau coincé sur la banquise, quelque part vers la mer de Baffin, en Arctique. Pendant tout ce temps, Le Manguier , en hivernage dans la baie de Qamminviguaq, entre l’île d’Akunnaaq et celle de Saquardlliip Nuna était devenu notre maison à l’adresse suivante : 68° 44’ 55’’N 52° 21’ 141’’W. 

J’ai beaucoup aimé vivre dans ces conditions un peu rudes et difficiles, même si finalement, nous n’avons pas eu de températures vraiment extrêmes. Très concrètement, nous avons pu voir les effets du réchauffement climatique et nous avons assisté à la disparition de la banquise. Au fil des jours, les grandes étendues blanches des premiers jours sont devenues grises et mouvantes, la glace laissant de plus en plus de place à la mer. Nous savons maintenant combien il est dangereux de se déplacer, de s’aventurer et de survivre lorsque SIKU AJORPOK, la glace est mauvaise.

Nous connaissons maintenant l’isolement que vivent les groenlandais quand on ne peut plus se déplacer sans danger sur la glace et que la débâcle n’a pas encore eu lieu. Le village n’est plus approvisionné et se vide peu à peu de ses habitants. Le danger est réel : maintenant que nous pouvons le dire, trois d’entre nous sont passés accidentellement à travers la glace. Mais cela aurait pu être dramatique…

J’ai adoré :
– retrouver mes rêves d’enfant,
– vider puis alléger mes bagages,

– faire plein de petits cadeaux,
– dessiner les petites choses du bord,
– croquer les membres de l’équipage et les Inuits du village,
– la fraîcheur et la bonne humeur des artistes,
– dessiner les gens d’Akunnaaq dans leurs maisons,
– l’idée que j’allais aussi raconter plein de choses de leurs histoires et de leurs conditions de vie,
– faire mes tours de quart et participer aux tâches du bord,
– faire du pain, et aussi ceux de Cléa et de Cécile en forme de bateau, de phoque, de tresses,
– vider le compost derrière le petit iceberg,
– la belle annexe- canoé qui nous sert de petits coins et de tinettes,
– la douche chaude au village,
– découvrir le goût de la viande de boeuf musqué au cours d’un vrai repas groenlandais,
– dîner d’une soupe de phoque et de steacks de baleine préparés par Phil,
– les kafemiks, particulièrement ceux pour les anniversaires des proches qui ne sont pas là,
– s’amuser comme des fous avec les autres membres de l’équipage à photographier les aurores boréales,
– braver le vent mordant d’un moins 15 ou moins 18 pour quelques dizaines de centimètres de dessin avant que mes encres ne gèlent,
– tester tous les petits dispositifs à la Mac-Gyver que j’ai imaginés pour tenter de dessiner sur la banquise ou perchée au sommet d’un col, à l’abri d’un cairn, INUKSUK «celui qui ressemble à un homme»,
– inventer et bricoler de petites astuces pour retarder au maximum le gel de mes encres,
– revenir au plaisir jouissif de simples crayons de couleur (parce que l’aquarelle n’est vraiment pas possible !),
– dessiner dans la chaleur du carré,
– utiliser de nouveaux formats pour raconter ce qui nous arrivait,
– découvrir le travail des autres artistes,
– participer à leurs projets artistiques, en discuter pour les aider à avancer,
– établir (construire) des ponts artistiques entre nos différentes pratiques,
– voir comment les choses se sont mises en place entre nous, avec naturel et simplicité, comment nos relations se sont tissées à partir des contraintes du bord,
– penser que nous allions continuer à nous voir et à exposer ensemble…

 

Bénédicte Klène, Chronicroqueuse
Résidence Artistes en Arctique / 16 . III. 2019

(Cliquer ici pour lire l’article final paru  le 7 avril 2019 sur le site du Manguier)